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Sandra Muller, à l’origine du hashtag #BalanceTonPorc, gagne sa bataille en appel

La journaliste Sandra Muller, initiatrice du mouvement #BalanceTonPorc sur les réseaux sociaux, a remporté mercredi sa bataille judiciaire. La cour d'appel de Paris a débouté l'homme qui la poursuivait pour diffamation après des accusations de harcèlement sexuel, tout en ne contestant pas le caractère diffamatoire des tweets qui l'ont visé. La journaliste Sandra Muller, initiatrice du mouvement #BalanceTonPorc, a gagné sa bataille judiciaire mercredi 31 mars devant la cour d'appel de Paris, qui a débouté l'homme qui la poursuivait pour diffamation après des accusations de harcèlement sexuel. La cour a infirmé "en toutes dispositions" le jugement en première instance du tribunal judiciaire de Paris qui avait, en septembre 2019, condamné la journaliste à payer 15 000 euros de dommages et intérêts à Éric Brion, qu'elle avait accusé de harcèlement sexuel. "Même si Éric Brion a pu souffrir d'être le premier homme dénoncé sous le hashtag #BalanceTonPorc, le bénéfice de la bonne foi doit être reconnu à Sandra Muller", a estimé la cour. Le tweet incriminé a été "publié dans le cadre d'un débat d'intérêt général sur la libération de la parole des femmes, avec une base factuelle suffisante quant à la teneur des propos attribués à Éric Brion", a également souligné la cour. La décision de la cour est hautement symbolique et était guettée par de nombreuses associations féministes. "Utile à la cause des femmes" Le mot-dièse #BalanceTonPorc, après celui de #MeToo ("moi aussi"), a marqué le début d'un immense mouvement de libération de la parole des femmes en France. "Cette décision est pour moi un soulagement et utile à la cause des femmes", a réagi Sandra Muller sur Twitter, depuis New York où elle réside. "C'est évidemment un immense soulagement pour Sandra Muller et pour nous après un combat judiciaire long et difficile", a confié de son côté l'avocate de la journaliste, Me Jade Dousselin, à l'AFP. L'avocate a salué une décision "courageuse et historique". "La cour d'appel dit aux victimes, à toutes celles qui ont parlé, à toutes celles qui ont dit la vérité : 'Celles-là, la justice ne les condamnera pas'", a ajouté Me Dousselin. "Je suis content pour la cause des femmes", a réagi Me Francis Szpiner, un autre avocat de Sandra Muller. Un pourvoi en cassation envisagé Dans un communiqué, Éric Brion s'est dit "déçu" de la décision de la cour d'appel. "Je me réserve le droit de faire un pourvoi devant la Cour de cassation", a-t-il ajouté. "Le caractère disproportionné des conséquences du tweet de Sandra Muller n'a nullement été pris en compte et justifierait" ce pourvoi, selon lui. "Je suis désormais lavé de toute accusation de harcèlement sexuel professionnel", écrit-il encore. La cour n'a pas contesté le caractère diffamatoire des tweets de Sandra Muller, a estimé son avocate, Me Marie Burguburu, qui a reconnu que son client avait eu des "propos déplacés" à l'encontre de la journaliste. "Il a été courageux de le reconnaître spontanément", a-t-elle ajouté. "Ce n'était pas du harcèlement sexuel." Le 13 octobre 2017, Sandra Muller avait écrit dans un tweet : "#balancetonporc !! toi aussi raconte en donnant le nom et les détails un harcèlent (sic) sexuel que tu as connu dans ton boulot. Je vous attends". Quatre heures plus tard, elle publiait un autre message sur le réseau social : "'Tu as des gros seins. Tu es mon type de femme. Je vais te faire jouir toute la nuit' Éric Brion ex-patron de Equidia #balancetonporc". Reprenant ce mot-clé ou celui de #MeToo, apparu avec le scandale Weinstein, des milliers de femmes avaient alors pris la parole pour dénoncer harcèlement ou agressions sexuelles. "Ma vie a été brisée" "À partir de la publication de ce tweet, ma vie a été totalement brisée", avait affirmé, lors du procès en première instance, Éric Brion, consultant et ancien directeur général de la chaîne de télévision Equidia. Éric Brion avait admis avoir eu des mots déplacés lors d'une soirée à Cannes en 2012. "J'aurais pu nier les faits, comme beaucoup de gens ont pu le faire avant, parole contre parole. Mais j'ai choisi de reconnaître que j'avais tenu certains des propos qu'elle met dans ma bouche", avait-il dit sur Europe 1 en octobre 2018. Ne niant pas les mots "T'as de gros seins, tu es mon type de femme", il expliquait les avoir prononcés lors d'"une soirée arrosée". "Je ne considère pas l'avoir harcelée. Harceler, c'est la répétition. J'ai été lourd, couillon, j'ai mal agi." Avec AFP

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