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Loi climat : l'Assemblée nationale vote la suppression de certaines lignes aériennes intérieures

Des militants écologistes manifestent pour la réduction du trafic aérien dans l'aéroport de Bouguenais, près de Nantes, le 3 octobre 2020. Les députés se sont prononcés samedi soir, en première lecture,  en faveur de la suppression de certaines lignes aériennes intérieures, en cas d'alternatives en train de moins de 2h30. Au terme d'un débat animé, l'Assemblée nationale voté samedi 10 avril, dans la soirée, en première lecture, la suppression de certaines lignes aériennes intérieures, en cas d'alternatives en train de moins de 2H30, après un débat animé et des divergences jusque dans la majorité. Cette mesure emblématique du projet de loi climat vise à supprimer des liaisons entre Paris (Orly) et Nantes, Lyon ou Bordeaux, mais prévoit des exceptions pour les trajets en correspondance. La Convention citoyenne pour le climatavait réclamé de renoncer aux vols intérieurs en cas d'alternatives de moins de 4h en train, et non 2h30. Le projet de loi gouvernemental entérine surtout l'existant, puisque le gouvernement avait contraint Air France à renoncer aux liaisons concernées en contrepartie d'un soutien financier en mai 2020. Il interdira aux concurrents de s'engouffrer dans la brèche. >> À lire : "Forte mobilisation" en France pour une "vraie loi climat", à la veille de l'examen au Parlement "Nous avons choisi (le seuil en train de) 2h30 car 4h ca vient assécher des territoires souvent enclavés comme le grand Massif central... Ce serait inique sur le plan de l'équité des territoires", a argumenté le ministre délégué aux Transports Jean-Baptiste Djebbari. Opposition de parlementaires Mais la mesure a suscité une levée de boucliers de parlementaires de différents bords, souvent élus du Sud Ouest, territoire d'implantation d'Airbus, à Toulouse, et de nombre de ses sous-traitants. Le PS Joël Aviragnet (Haute-Garonne) a fustigé le "coût humain disproportionné" du dispositif et mis en garde contre les pertes d'emplois dans l'aéronautique. Son collègue David Habib a critiqué une mesure de "décroissance" et de "chômage". À droite, Jean-Marie Sermier et Martial Saddier (LR) ont dénoncé une mesure qui vient "casser une filière d'exception". En raison du Covid, "on a une filière qui va très mal", a abondé le MoDem Nicolas Turquois, membre de la majorité. Le ministre Jean-Baptiste Djebbari a voulu "dédramatiser le débat", soulignant "la complémentarité des modes" entre avion et train: "à chaque fois", le développement des TGV a "asséché très rapidement" les lignes aériennes concernées, a-t-il insisté. "Article vide" À l'inverse, écologistes et insoumis ont plaidé pour revenir à la proposition initiale de la Convention citoyenne pour le climat, avec le seuil de 4h00. Mathilde Panot (LFI) a critiqué "l'article vide" du projet de loi actuel. Un seuil de 4h00 permettrait de supprimer les lignes "les plus émettrices" de gaz à effet de serre comme Paris-Nice, Paris-Toulouse et Paris-Marseille, a insisté Danièle Obono (LFI). Un décret devra préciser la mesure et les éventuelles autres lignes susceptibles d'être concernées comme Paris-Rennes ou Lyon-Marseille. Le projet de loi prévoit également une compensation carbone graduelle des vols intérieurs - Air France l'applique déjà - et l'interdiction de l'agrandissement des installations aéroportuaires par expropriation si elles entraînent une hausse des émissions. Avec AFP

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