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Insolite et Faits divers

Estelle Mouzin, Yanis Moré ou Marion Wagon... Ces enfants disparus que les enquêteurs et les familles cherchent encore

Un millier d'enfants disparaît chaque année en France, une large majorité est retrouvée dans les 48 heures. Mais certaines affaires ne sont toujours pas résolues, des années après la disparition.  Elle est surnommée "la petite fille des briques de lait". Cela fait 25 ans, dimanche 14 novembre, que Marion Wagon a disparu à Agen. Âgée de 10 ans à l'époque, elle s'est volatilisée à la sortie de son école sans laisser aucune trace. Le portrait de la petite fille avait été imprimé sur des millions de briques de lait vendues en supermarché pour favoriser les témoignages mais sans succès, le mystère de sa disparition reste entier. En France, 1 000 disparitions inquiétantes de mineurs sont signalées chaque année. La plupart de ces enfants sont retrouvés dans les 48 heures qui suivent. Mais d'autres disparaissent sans laisser de traces, comme Marion Wagon. Et des années après, familles, associations et enquêteurs continuent à les rechercher. >> "C’est une quête et un combat" : comment les autorités françaises traitent les "cold cases" ? Les dossiers sur lesquels travaillent ces enquêteurs discrets portent tous le nom d'un enfant disparu, depuis quelques heures, depuis dix ans, parfois depuis vingt ou trente ans : Estelle Mouzin, Cécile Vallin, Yanis Moré ou encore Marion Wagon. Ce sont quelques-unes des affaires les plus médiatisées parmi des centaines d'autres. "On en cherche entre 500 et 700 qui ont disparu, indique Marie-Laure Brunel-Dupin, cheffe de la division des affaires non élucidées de la gendarmerie. Dans ce chiffre, on a beaucoup de fugues et beaucoup d'enlèvements parentaux. Mais ça peut être encore, malheureusement, des homicides ou des suicides." Des dossiers toujours ouverts "De toute façon, une disparition de mineures est inquiétante d'emblée", poursuit Marie-Laure Brunel-Dupin. À chaque disparition, les enquêteurs tentent de collecter de l'ADN de l'enfant ou ses empreintes. Les enquêteurs notent aussi les détails de la morphologie, récupèrent des informations sur la dentition. Autant d'éléments qui peuvent servir à relancer une enquête, même des années plus tard. "Il y a toujours des enquêteurs qui travaillent ou quelqu'un pour vérifier un renseignement pour essayer de retrouver l'enfant", affirme la gendarme. Avec l'espoir qu'un élément nouveau apparaisse, qu'il corresponde aussi parfois aux traces laissées par les grands prédateurs sexuels que sont Michel Fourniret, Patrice Alègre ou Francis Heaulme. "Il faut un nouvel élément, une nouvelle technologie, un renseignement ou une arrestation pour relancer l'affaire, explique Marie-Laure Brunel-Dupin. Une émission qui passerait à la télévision sur une disparition peut relancer et rapporter un nouveau témoignage que les enquêteurs vont vérifier." La souffrance de ne pas savoir Et même si les années passent, elles n'atténuent pas l'espoir pour les familles de retrouver une trace de l'enfant. Pascale Bathany, la présidente de l'association Assistance et recherche de personnes disparues, épaule les parents depuis 16 ans : "Il y aura toujours cette déchirure de perdre un enfant et de ne pas savoir. Les familles nous disent : 'J'aimerais tellement savoir…' Il y en a qui ne savent pas, trente à quarante ans après, et même soixante ans pour certains. C'est ce qu'il y a de pire et surtout de ne pas pouvoir se recueillir. On espère toujours que quelqu'un va parler, même vingt ans après." À l'étranger, des enfants ont été retrouvés parfois des années après leur disparition : trente ans plus tard, par exemple aux États-Unis. L'Autrichienne Natascha Kampusch, aussi, était parvenue à échapper à son ravisseur après huit années de séquestration.

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