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Colère des agriculteurs français : Gabriel Attal tente de désamorcer la crise avec la FNSEA

Le Premier ministre Gabriel Attal reçoit lundi soir à Matignon la FNSEA, le puissant syndicat agricole français. Les agriculteurs, qui manifestent depuis plusieurs semaines contre des charges financières et des normes environnementales jugées trop lourdes, attendent des "actes concrets" du gouvernement. Le Premier ministre Gabriel Attal reçoit lundi 22 janvier à Matignon le puissant syndicat agricole FNSEA pour tenter de calmer la colère des agriculteurs. Le Premier ministre tente l'apaisement. Face à la colère des agriculteurs qui se propage en Europe sans épargner la France, Gabriel Attal reçoit lundi 22 janvier à Matignon le puissant syndicat agricole FNSEA, qui attend des "actes concrets" après le report de "quelques semaines" d'un projet de loi qui doit être étoffé. Le Premier ministre, confronté à sa première crise depuis sa nomination le 11 janvier, recevra la FNSEA et les Jeunes agriculteurs à 18 h 00. "Nos agriculteurs ne sont pas des bandits, des pollueurs, des personnes qui torturent les animaux, comme on peut l'entendre parfois", a-t-il lancé samedi dans le Rhône, en signe d'apaisement. Mais la colère gronde et la profession attend des mesures concrètes. Depuis jeudi soir, plusieurs dizaines d'exploitants bloquent l'autoroute A64, qui relie Toulouse à Bayonne, à hauteur de Carbonne, en Haute-Garonne. Des manifestations provoquées par des charges financières et des normes environnementales jugées trop lourdes. La hausse progressive de la fiscalité sur le gazole non routier (GNR) amplifie le ras-le-bol. Hausse des taxes et Green Deal européen Le gouvernement craint un embrasement alors que des Pays-Bas à la Roumanie en passant par la Pologne ou l'Allemagne, les agriculteurs multiplient les actions contre cette hausse des taxes et le Green Deal européen. Le tout, sur fond d'inflation et de concurrence des importations ukrainiennes. Le Royaume-Uni n'est pas épargné : des producteurs de fruits et légumes vont manifester lundi devant le Parlement à Londres pour protester contre les contrats d'achats "injustes" qui les lient aux principales enseignes de la grande distribution. En France, la profession est aussi échaudée par les reports successifs du projet de loi agriculture, promis il y a plus d'un an par Emmanuel Macron et finalement moins ambitieux que la "loi d'orientation agricole" initialement annoncée. Dimanche, le ministre de l'Agriculture Marc Fesneau a annoncé un nouveau délai. Le texte, qui devait être présenté mercredi en Conseil des ministres, ne le sera que dans "quelques semaines" avec pour objectif d'être débattu au Parlement "au premier semestre 2024". "On n'est plus à une semaine près, mais il faudra des choses très concrètes", a réagi à l'AFP le vice-président de la FNSEA Luc Smessaert. Il réclame notamment "d'arrêter la sur-transposition" des normes européennes et "d'appliquer à 100 %" la loi Egalim de 2021, qui vise à protéger la rémunération des agriculteurs. Le projet de loi que doit présenter le gouvernement entend favoriser le renouvellement des générations en agriculture, une nécessité à l'heure où la population des près de 500 000 chefs d'exploitation vieillit. "Simplification drastique" Il sera complété pour permettre une "simplification" du mille-feuille de réglementations imposées à la profession, a promis dimanche Marc Fesneau. "Une simplification drastique des normes" est nécessaire, a abondé le ministre de l'Économie Bruno Le Maire sur TF1. "Nous avons commencé à apporter des réponses", a précisé le ministère de l'Agriculture, se félicitant du budget "historique" – 4 milliards d'euros pour les trois prochaines années dont 1,3 milliard en 2024, dévolu à l'agriculture. "Mais nous allons encore accélérer". À moins de cinq mois des élections européennes, les oppositions courtisent le monde agricole. À commencer par Jordan Bardella, président et tête de liste du Rassemblement national, qui a fustigé samedi depuis la Gironde viticole "l'Europe de Macron qui veut la mort de notre agriculture". Droite comme gauche ont demandé à l'exécutif de ne pas augmenter la taxe sur le gazole non routier. Les exploitants "n'ont pas d'autre choix que d'en utiliser", a relevé dimanche le patron du parti communiste Fabien Roussel. Il faut "renoncer dans l'immédiat à cette mesure" a abondé le chef des députés Les Républicains, Olivier Marleix, apportant "très clairement" son soutien à la mobilisation. À défaut d'avancée rapide sur les différents points de discorde, la FNSEA a déjà menacé d'amplifier les actions et de chahuter la visite d'Emmanuel Macron au Salon de l'agriculture , qui se tiendra à partir du 24 février à Paris. Du côté de Bruxelles, une réunion des ministres de l'Agriculture est prévue en début de semaine. Avec AFP

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