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Les soignants se mobilisent en France à la veille de l'obligation vaccinale

Quelques centaines de soignants réfractaires à la vaccination ont manifesté dans les grandes villes françaises, à la veille de l'entrée en vigueur de l'obligation vaccinale. À compter de mercredi, les salariés des hôpitaux et des Ehpad pourront être suspendus, sans rémunération, s'ils n'ont pas reçu au moins une dose de vaccin contre le Covid-19. Ils ne décolèrent pas. Des soignants opposés à la vaccination obligatoire ont exprimé une nouvelle fois leur position, mardi 14 septembre, alors que l'obligation vaccinale contre le Covid-19 entre en vigueur mercredi. Ils étaient environ 200 devant le ministère de la Santé à Paris, a constaté une journaliste de l'AFP, un responsable de la CGT-Santé estimant plutôt leur nombre "entre 300 et 400". On dénombrait 200 manifestants devant l'Agence régionale de santé (ARS) d'Occitanie à Toulouse et celle d'Auvergne-Rhône-Alpes à Lyon, 80 à Orléans et plusieurs dizaines devant le CHU de Rennes. À Paris, les participants sont venus "exprimer une colère assez intense contre cette injonction autoritaire" qui va "engendrer des tensions et du chaos", a affirmé la secrétaire générale de la CGT-Santé, Mireille Stivala. "On ne peut plus s'autoriser à perdre des soignants", a-t-elle ajouté, redoutant "des fermetures de lits" et "une prise en charge dégradée pour la population". À compter de mercredi, les salariés des hôpitaux et des Ehpad (ainsi que les pompiers, ambulanciers et aides à domicile) pourront être suspendus, sans rémunération, s'ils n'ont pas reçu au moins une dose de vaccin contre le Covid-19. "Ce vaccin m'inquiète trop" Amel Benothman, 41 ans, infirmière à l'établissement public de santé mentale de Saint-André, dans la métropole lilloise, a manifesté samedi dernier en blouse blanche : "Je vais me retrouver sans salaire, avec trois enfants. Ce vaccin m'inquiète trop, j'aimerais qu'on respecte mon choix. J'ai déjà eu le Covid, sans gravité, et j'estime que le rapport bénéfice-risque est trop important. Je suis une excellente infirmière, je pense que c'est la chose que je fais le mieux dans ma vie et aujourd'hui, on me prive de mon métier (...) On nous mitraille de travail au quotidien, on est sur-sollicités psychologiquement, physiquement, et aujourd'hui harcelés par rapport à la vaccination... c'est trop, on nous pousse à la démission." "Je refuse de jouer à la roulette russe avec ma santé" Nathalie Della Giustina a également manifesté samedi en brandissant une pancarte jaune : "Je ne pourrai bientôt plus travailler... Mais je resterai toujours debout et libre". Cette psychologue de 47 ans travaillant dans une association en région Auvergne-Rhône-Alpes refuse de se faire vacciner car elle a eu de mauvaises expériences avec les vaccins. "Mon directeur m'a prévenue que mercredi je ne pourrai plus travailler. On va d'abord solder les jours de congés et après, ce sera suspension du contrat de travail. Mais il m'a dit que dans deux mois, ce serait le licenciement ou la rupture conventionnelle. On nous jette comme des chiens, c'est antidémocratique. Je refuse de jouer à la roulette russe avec ma santé et aujourd'hui, je choisis ma santé même si j'aime mon boulot." "On est un grain de sable" Tatiana Leclerc est auxiliaire de vie à Lille : "C'est très injuste, car au début de la crise, on n'était même pas considérés comme des salariés prioritaires, on n'avait pas de masque, pas de protection, et aujourd'hui on est mis dans le lot des soignants ! Pour moi, c'est suspension de contrat, je ne me ferai pas vacciner. Mon mari est chauffeur routier, il n'a ni obligation vaccinale, ni besoin de passe pour entrer dans les restaurants de route. Pourquoi ? Parce qu'ils ont peur que les routiers bloquent tout. Mais nous, on est un grain de sable. Quand on fait grève, ils s'en foutent." "Pour l'instant, je résiste" Lauriane Cott, 42 ans, est kiné-ostéopathe libérale à Mérignac (Gironde) : "Pour l'instant, je résiste mais j'ai déjà reçu un courriel et une lettre de menaces de l'ARS", l'agence régionale de santé. "J'ai des charges, les retraites, le loyer, les assurances à payer chaque mois donc malheureusement, je serai confrontée à un problème financier. Mais le 15 septembre, c'est pas là que je cèderai, ce serait trop facile, donc on va tenir tant qu'on pourra", assure-t-elle, refusant d'être vaccinée avec "un vaccin qui a une autorisation temporaire et pour lequel on n'a que six mois de recul". "Adulés hier, aujourd'hui on nous crache à la gueule" Marianne, infirmière libérale de 48 ans à Bordeaux, peste : "Adulés hier, aujourd'hui on nous crache à la gueule". "La vaccination est proposée comme le seul remède, mais si on était en guerre, on aurait vraiment utilisé toutes les armes", comme le fait de "rebooster le système immunitaire" et de "mieux prendre en charge les personnes avec des comorbidités", argumente-t-elle. À l'approche de la date fatidique du 15 septembre, "on est dans un stress permanent" mais "on va essayer de résister le plus longtemps possible". Avec AFP

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