news-details
Actualités

Le passe sanitaire fait tomber les masques en pleine offensive du variant Delta

Le ministre de la Santé, Olivier Véran, lors d'une table ronde avec des professionnels du secteur médical à Paris, le 20 juillet 2021. Selon le ministre de la Santé, Olivier Véran, le port du masque ne sera pas exigé dans les lieux où le passe sanitaire doit entrer en vigueur. Une annonce qui intervient alors que le nombre de contaminations s'envole dans le pays. Le variant Delta poursuit sa progression galopante et a fait exploser les contaminations au Covid-19 mardi 20 juillet, avec plus de 18 000 cas en 24 heures, mais le port du masque ne sera plus obligatoire pour le public dans les lieux soumis au passe sanitaire, comme les cinémas, musées ou établissements sportifs. "Là où il y a le passe sanitaire" anti-Covid-19, les personnes "pourront enlever le masque", a déclaré sur RTL le ministre de la Santé Olivier Véran, avant le début de l'examen de la loi au Parlement entamé mardi en commission par les députés. Selon lui, le masque ne s'y impose plus car le passe sanitaire implique "qu'on est sûr que toutes les personnes qui rentrent sont vaccinées complètement ou ont un test très récent qui est négatif". "Le port du masque peut toutefois être rendu obligatoire par le préfet de département lorsque les circonstances locales le justifient, ainsi que par l'exploitant ou l'organisateur", nuance cependant le décret publié mardi pour officialiser cette mesure. Ce décret abaisse également à 50 personnes (contre 1 000 auparavant) la jauge dans les lieux soumis au passe sanitaire. Ce dernier sera exigible dans les lieux de culture (cinémas, musées, théâtres, etc.) à partir de mercredi. Contrairement au public qui y accède, les salariés qui travaillent dans les endroits soumis au passe sanitaire devront garder le masque pour l'instant, a précisé le ministère du Travail. "Mauvaise idée"  L'épidémiologiste Dominique Costagliola dit avoir appris cette mesure "avec stupeur". "C'est une mauvaise idée", a-t-elle asséné sur France Inter. "Il faudrait avoir ceinture et bretelles pour essayer de combattre cette épidémie et pas enlever certaines mesures quand on en met d'autres en place." "Si le passe sanitaire est contrôlé, alors le niveau de risque (...) sera nettement réduit", a pour sa part relativisé l'épidémiologiste Antoine Flahault auprès de l'AFP. >> À lire : Extension du passe sanitaire en France : que font nos voisins européens ? Le président du Haut conseil de la santé publique Franck Chauvin a lui aussi estimé que si les contrôles étaient stricts, "le risque résiduel est très faible et donc le risque de contamination, voire même le risque de cas graves liés à ces contaminations, devient extrêmement faible". La découverte d'un cluster de 81 cas positifs après trois soirées techno organisées mi-juillet dans un club de Bordeaux a cependant jeté un doute sur l'efficacité des contrôles.    Objectif : 40 millions de premières doses Sous l'effet du variant Delta, plus contagieux, l'épidémie repart en France, à tel point que l'exécutif parle désormais d'une quatrième vague. "Nous étions hier à 18 000 contaminations sur 24 heures seulement", s'est alarmé Olivier Véran. "Nous avons une augmentation de la circulation du virus de l'ordre de 150 % sur une semaine : nous n'avons jamais connu cela, ni avec le Covid (la souche historique du virus, NDLR), ni avec le variant anglais, ni avec le sud-africain, ni avec le brésilien", a-t-il poursuivi. À certains endroits, les autorités locales ont même décidé d'imposer à nouveau le masque à l'extérieur comme pour la région toulousaine. Le gouvernement craint que la hausse des cas, qui touche essentiellement les jeunes pour l'instant, finisse par s'étendre aux personnes âgées ou fragiles non vaccinées et entraîne une augmentation des hospitalisations. Cette dégradation a amené Emmanuel Macron à annoncer un tour de vis le 12 juillet pour accélérer la vaccination : vaccin obligatoire pour les soignants et extension du passe sanitaire (prouvant la vaccination complète, un test négatif récent ou l'immunisation) aux cafés, restaurants ou trains à partir du début août. Le gouvernement doit déterminer comment appliquer cela aux centres commerciaux. Il envisage de limiter l'obligation du passe à ceux de plus de 20 000 m2, tout en garantissant l'accès aux biens de première nécessité (dont la nourriture), comme l'a exigé le Conseil d'État lundi. Toutes ces mesures doivent se traduire dans une loi qui doit être adoptée en fin de semaine. Avec cette kyrielle de dispositions controversées, les oppositions de droite et surtout de gauche ont assez de munitions pour soumettre le gouvernement à un feu roulant de critiques, même si la majorité souhaite repousser d'un mois supplémentaire jusqu'au 30 septembre, l'extension du passe sanitaire pour les mineurs de 12 à 18 ans. Avant même leur entrée en vigueur, l'annonce de ces mesures a nettement accéléré la vaccination mais aussi le ressentiment de la frange dure des covidosceptiques dont les menaces de mort visant des députés ont provoqué l'ouverture d'une enquête par le parquet de Paris. L'objectif de 40 millions de premières doses injectées "devrait être atteint à la fin du mois de juillet", avec un mois d'avance sur le tableau de marche initial, s'est félicité le Premier ministre Jean Castex devant l'Assemblée. >> À lire : Covid-19 : en France, les plus fragiles restent insuffisamment vaccinés Rapporté à sa population, la France se classe 6e sur 27 dans l'Union européenne (derrière l'Irlande, le Danemark, la Suède, le Portugal et l'Espagne) en termes de premières doses administrées au cours de la semaine écoulée, selon une base de données tenue par l'AFP. Malgré cette récente accélération, avec 56 % de sa population ayant reçu au moins une dose à ce jour, la France est dans la moyenne de l'UE.  Avec AFP

You can share this post!