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Insolite et Faits divers

La justice rejette l'extradition de dix anciens militants d'extrême gauche italiens

A l'annonce de cette décision, les anciens militants âgés aujourd'hui de 61 à 78 ans sont tombés dans les bras de leurs proches. La cour d'appel de Paris a prononcé mercredi 29 juin un avis défavorable à l'extradition de dix anciens militants d'extrême gauche italiens réclamés par Rome pour des faits de terrorisme commis lors des "années de plomb" dans les années 1970-1980. L'Italie a été marquée durant cette période par une violente surenchère entre groupuscules d'ultra droite et d'ultra gauche qui s'est soldée par plus de 360 morts, 10 000 arrestations et 5 000 condamnations. La chambre de l'instruction statuant sur les extraditions s'est appuyée sur le respect à la vie privée et familiale et le respect du jugement par défaut, prévus par les articles 8 et 6 de la Convention européenne des droits de l'homme, pour appuyer sa décision, a indiqué la présidente. Un groupe de deux femmes et huit hommes "Je suis très content pour mon client (Enzo Calvitti), j'avais peur qu'il finisse ses jours en prison", a réagi son avocat Me Jean-Louis Chalanset. "Il y a plusieurs leçons à tirer pour Sergio Tornaghi", a dit son avocat Me Antoine Comte. "Ça fait trois demandes d'extradition qui ont toutes été rejetées par des cours d'appel en France. De mon point de vue, il faut que les Italiens puissent régler leur histoire en face et examiner leur passé", a-t-il ajouté. Le groupe de dix militants se compose de deux femmes et huit hommes. Six sont d'anciens membres des Brigades rouges et quatre d'anciens militants de groupes armés d'extrême gauche. Ils faisaient l'objet d'une procédure d'extradition depuis plus d'un an. Certains vivaient en France depuis quarante ans Lors des audiences, qui se sont déroulées entre le 23 mars et le 15 juin, les anciens militants qui ont accepté de s'exprimer ont raconté aux magistrats leur vie en France depuis parfois quarante ans. Tous se croyaient protégés sur le sol français, ont-il dit eux-mêmes ou par la voix de leurs avocats, grâce à la doctrine Mitterrand. L'ancien président avait pris l'engagement de ne pas extrader les anciens activistes ayant rompu avec leur passé. A la surprise générale, après des mois de tractation, le président Emmanuel Macron avait décidé au printemps 2021 de favoriser la mise à exécution des demandes d'extradition renouvelées récemment par l'Italie. "Nous allons attendre de savoir si le parquet général forme un pourvoi en cassation contre la décision" et de connaître les motivations de la chambre de l'instruction dans le détail, a indiqué l'avocat de l'Etat italien, Me William Julié. 

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