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Économie et marchés

Joe Biden et Xi Jinping, des retrouvailles pour garder la rivalité sous contrôle

Le président américain Joe Biden et son homologue chinois Xi Jinping vont se retrouver en tête-à-tête, mercredi, près de San Francisco en marge du sommet de l’Apec. Les deux hommes souhaitent montrer que la rivalité entre leurs deux pays reste sous contrôle. La réunion ne débouchera peut-être sur rien de concret, et ce n'est pas grave : pour Joe Biden et Xi Jinping, l'essentiel, mercredi 15 novembre, sera d'assurer que la relation sino-américaine, tendue à l'extrême, reste sous contrôle. Le président américain doit s'entretenir avec son homologue pendant plusieurs heures, à proximité de San Francisco, en Californie, en marge d'un sommet de l'Apec, la Coopération économique pour l'Asie-Pacifique. Selon Voice of America, la rencontre, prévue à 18 h 45 GMT, se déroulera dans un domaine huppé et bucolique, à une quarantaine de kilomètres du fameux pont du Golden Gate. "Le président Xi est un autre exemple de la manière dont le rétablissement du leadership américain dans le monde est en train de s'imposer. Ils ont de vrais problèmes", a affirmé Joe Biden lors d'une collecte de fonds, la veille de son entretien avec son homologue chinois. Pas de "découplage" Juste avant ce tête-à-tête, le second en personne depuis l'élection du démocrate de 80 ans, le ton se voulait pourtant conciliant. "Nous n'essayons pas de nous découpler de la Chine", a assuré, mardi, Joe Biden, pour qui l'objectif est d' "être capables de prendre le téléphone et de se parler s'il y a une crise". "Nous nous opposons à une définition des relations sino-américaines en termes de concurrence", a même dit une porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères . Les deux dirigeants, qui se connaissent depuis plusieurs années, avaient discuté pendant trois heures en marge d'un sommet du G20, en Indonésie, il y a un an. La relation a depuis tourné à l'aigre, en particulier avec le survol du territoire américain par un ballon chinois en début d'année. Joe Biden a irrité Pékin en soulignant en février les "énormes problèmes" que rencontre, selon lui, la Chine au plan économique.   Une stratégie d'"encerclement" En mars, Xi Jinping a critiqué, avec une virulence rare, une stratégie américaine d'"encerclement" alors que Washington muscle ses alliances en Asie-Pacifique. La Chine dénonce les sanctions que lui imposent les États-Unis dans le domaine technologique, tandis que Washington s'insurge contre les actions "provocatrices" de Pékin en mer de Chine méridionale.  Même la fameuse "diplomatie du panda" a fait les frais du coup de froid : le 8 novembre, les trois pandas géants du zoo de Washington sont repartis pour la Chine, signant la fin d'une pratique animalo-diplomatique débutée en 1972.  Le ton entre Washington et Pékin s'est toutefois suffisamment radouci à l'été pour permettre l'organisation du face-à-face californien. Israël, Ukraine Joe Biden "veut s'assurer que nous gérons cette relation bilatérale tellement importante de la manière la plus responsable possible", a dit, mardi, un porte-parole de la Maison Blanche, John Kirby. Surtout avant une année 2024 potentiellement tumultueuse, avec une élection présidentielle à Taïwan, et aux États-Unis - à laquelle Joe Biden se présente. Le statut de l'île, dont Pékin revendique la souveraineté, et à laquelle Washington fournit une conséquente assistance militaire, reste un sujet de friction central. Les États-Unis demandent aussi à la Chine de ne pas envenimer les grandes crises internationales, et en particulier la guerre entre Israël et le Hamas, que Joe Biden ne veut surtout pas voir s'étendre. "Ils ont dans la région des lignes de communication que nous n'avons pas", a dit John Kirby, en référence à la relation entre Pékin et l'Iran. Pour ce qui concerne l'Ukraine, les États-Unis n'escomptent certes pas que la Chine coupe les ponts avec la Russie, mais espèrent au moins qu'elle s'abstienne de lui livrer des armes. Un groupe de travail sur l'action commune pour le climat Mardi, à la veille de la rencontre entre les deux hommes, la Chine et les États-Unis ont annoncé la prochaine création d'un groupe de travail sur la coopération en matière climatique, à quelques semaines de la conférence internationale sur le climat (COP28). Ce groupe de travail se concentrera sur "la transition énergétique, le méthane, l'économie circulaire et l'efficacité des ressources, les provinces/États et villes à faible émission de carbone et durables, et la déforestation", ont indiqué dans une déclaration commune les médias d'État chinois et le département d'État américain. Les membres du groupe mèneront "un dialogue et une coopération afin d'accélérer les actions concrètes en faveur du climat", selon le texte. Avec AFP

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