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Facebook, Instagram et WhatsApp ont-ils été piratés ? Y a t-il eu une cyberattaque ? Un vol de données ? Le Vrai du Faux Junior

La panne avait duré près de sept heures et elle les a marqués. Les élèves des classes de troisième des collèges Pablo Picasso à Montesson dans les Yvelines et Jules Ferry à Sainte-Geneviève-des-Bois dans l’Essonne ont souhaité revenir sur ce qu'ils ont vu circuler, sur les réseaux sociaux, pendant et après l'interruption d'applications qu'ils utilisent au quotidien. "Sur WhatsApp on ne pouvait pas envoyer de message"... "Sur Facebook, j’essayais d’actualiser et ça ne marchait pas".. "Sur Instagram, je ne pouvais plus actualiser mon fil d'actualité, je me disais qu'il n'y avait plus de wifi chez moi, en fait c'était Instagram qui ne marchait plus et je ne recevais plus de message sur WhatsApp, ça ne réinitialisait pas la page, ça moulinait dans le vide". Vérifier la fiabilité des sources Passé le désarroi, Diogo, Thomas, Nicolas, Gabriel, Grégoire, Adam et les autres élèves du Vrai du Faux Junior ont cherché à comprendre d'où venait le problème.  "Il y avait une rénovation des serveurs et un serveur a lâché", croit savoir Grégoire. "Moi j'ai entendu dire que c'était un crash des systèmes sur la base de donnéees",  ajoute Gabriel. "J’ai vu un ami à moi qui était sur Twitter. Il a vu une publication qui a mis que c'est un enfant de 13 ans qui avait hacké le serveur", glisse Diogo. "C'était pas une cyberattaque, assure Corentin. J’ai vu ça sur Le Monde. C'était une panne d'un des serveurs de Facebook qui a affecté toutes ses sociétés et ça a été prouvé que ce n'était pas une cyberattaque". "J'ai entendu dire que la cause de la panne est due à des piratages de données ", s'interroge tout de même Leandra. Problèmes techniques pour les uns, piratage de données pour d'autres, voire cyberattaque par un enfant de 13 ans... Les élèves confrontent leurs sources et s'interrogent sur leur fiabilité : la télévision, la radio, la presse, un cours de technologie, des vidéos TikTok, des messages sur Snapchat, une story sur Instagram... Un mélange donc de bouche-à-oreille, de ce que ces élèves se racontent entre eux ou que des personnes qu'ils suivent racontent sur les réseaux sociaux, mêlé à l'écoute, plus ou moins attentive, d'explications d'adultes, ou de reportages. Cela dit, au fil des semaines, depuis qu'ils font de l'éducation aux médias, ces élèves ne perçoivent plus tout à fait les réseaux sociaux de la même façon et prennent plaisir à tenter de de démêler le Vrai du Faux.  Aller sur des sites fiables, des comptes certifiés, chercher des sources officielles Pour vérifier les messages sur l'origine de la panne, "on peut utiliser les hashtags comme #instagramdown pour voir toutes les publications associées", suggère Grégoire. "On aurait pu aller voir dans les commentaires les différentes hypothèses des gens pour voir si la majorité dit que c'est vrai ou faux", ajoute Louane. "On pourrait voir d'autres sources, on pourrait chercher sur différents sites qui sont fiables", propose Alison. "Sinon, indique Gabriel, on peut aller sur les comptes certifiés d'Instagram ou Facebook pour voir ce qu"ils ont dit." Le bon réflexe que les élèves commencent donc à avoir est de chercher à comprendre d'où vient l'information ou la pseudo information, qui en est à l'origine, ce qu'il y a derrière, recouper ce qui circule, le confronter à ce qui est dit sur des sites fiables, des sites de médias traditionnels, des communiqués officiels. Le fait de regarder les commentaires sous une publication peut également être utile car ils renvoient parfois vers des vérifications faites par des journalistes ou vers des sources officielles. En procédant ainsi, on se rend effectivement compte que l'interruption de Facebook n'était pas due à une cyberattaque. Le groupe a d'abord évoqué des problèmes de réseau, sans plus de précisions, puis, via un communiqué, des opérations sur ce qui relie les centres de données du groupe. Un "changement de configuration défectueux" des routeurs fédérateurs qui "coordonnent le trafic internet entre les serveurs". Une erreur donc lors d'une opération de routine, avec des "effets en cascade". Faire des recherches d'images inversées Pour ce qui est du message qui a circulé sur Twitter et qui attribue la panne à un jeune hacker de 12-13 ans, les collégiens peuvent effectuer la manipulation apprise dans le Vrai du Faux Junior du 1er octobre : faire une capture d’écran de la photo de cet enfant qui accompagnait les tweets, faire une recherche d’image inversée. Ils se rendront compte que cette photo apparaissait déjà en 2014 et que l’enfant en question était alors mis en avant pour avoir piraté le système informatique de son école, ce qui n’est pas tout à fait comme s’en prendre à Facebook. C'est donc une photo qui a été réutilisée et détournée.

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