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Arts et People

Personnalités multiples : Billy Milligan, Kim Noble, Jeni Haynes... Ces cas plus incroyables les uns que les autres

De docteur Jekyll et de M. Hyde à Split, le trouble dissociatif de l'identité a été mis en scène dans de nombreuses fictions. Dans la réalité, ils sont nombreux à avoir vécu avec plusieurs personnalités distinctes. Le trouble dissociatif de l'identité a longtemps fasciné auteurs et réalisateurs avant d'intéresser la psychiatrie. Ce n'est qu'en 1994 que le manuel de référence en psychiatrie a posé un nom sur ce trouble de la personnalité dont sont atteintes les personnes qui possèdent deux ou plusieurs identités distinctes. Près de vingt ans auparavant, l'histoire de Shirley Ardell Mason, racontée dans le livre Sybil, avait ému le monde entier. Comme la jeune femme, qui possédait 16 "alters", le nombre de cas diagnostiqués passe de moins de 200 pour tout le XIXe siècle à 50.000 en 1999, selon Cairn. Comme ce fut le cas chez l'Américaine, la plupart des cas de personnalités multiples ont été déclenchés par des abus, sexuels ou psychologiques, vécus dans l'enfance. C'est le cas également de Billy Milligan, qui a inspiré à Night Shyamalan le film Split. Arrêté dans les années 1970 pour plusieurs viols et cambriolages, il a été jugé non responsable de ses crimes en raison de son trouble dissociatif de l'identité. Depuis son enfance, 24 identités distinctes cohabitaient dans le corps de Billy Milligan, notamment "Arthur, un gentleman anglais, Adalana, une jeune lesbienne en manque d'affection, le Yougoslave Ragen, coupable des cambriolages, ou Le Professeur, sa personnalité dominante", comme l'écrivait RTL. Petit, il avait perdu son père qui s'est suicidé lorsqu'il n'avait que 4 ans et a été violé et torturé à plusieurs reprises par son beau-père. En Angleterre, Kim Noble a mis des années à croire au diagnostic posé par les médecins. Depuis sa jeunesse, elle vit avec 99 autres personnalités. La photographe a subi des abus extrêmes et répétés. Son esprit, traumatisé, s'est brisé en fragments, formant une myriade d'identités distinctes qui ont ont des vies indépendantes, mais aussi leurs propres adresses e-mail dont elle ne connaît pas les mots de passe. "Si vous avez un trouble dissociatif de l'identité à la suite d'abus, la justice est désormais possible" Kim Noble est parfois Patricia, parfois Judy, parfois Rebecca ou Hayley. "Il y a environ trois ou quatre changements par jour", confiait-elle au Guardian. Diagnostiquée il y a des années, elle vit aujourd'hui une vie normale avec sa fille adolescente. De l'autre côté de la Terre, Jeni Haynes, une Australienne, a elle, vécu des atrocités dans son enfance. Violée, battue et torturée par son père de ses 4 à 11 ans, elle s'est créé plus de 2.500 personnalités. A ses 40 ans, elle a porté plainte contre son père. Au procès, plusieurs de ses identités ont été autorisées à témoigner contre l'homme, condamné à 45 ans de prison. Une première dans le monde. "Les maltraitances de mon père étaient calculées et planifiées. C'était voulu et il en appréciait chaque minute, racontait Jeni Haynes. Il m'entendait le supplier d'arrêter, il m'entendait pleurer, il voyait la douleur et la terreur qu'il m'infligeait, le sang et les blessures qui en résultaient. Et le jour suivant, il choisissait de recommencer." Au fil des années, l'Australienne a cohabité avec une enfant de 4 ans, un ado, ou encore Linda, une élégante jeune femme ou encore Ricky, un petit garçon de 8 ans aux cheveux rouge vif. "Je souhaite passionnément que mon histoire soit racontée. [...] Si vous avez un trouble dissociatif de l'identité à la suite d'abus, la justice est désormais possible, confiait-elle après le verdict à la BBC. Vous pouvez vous adresser à la police pour lui dire et vous faire croire. Votre diagnostic n'est plus un obstacle à la justice."

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