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Hommage national à Robert Badinter : Emmanuel Macron attendu sur une entrée au Panthéon

Emmanuel Macron, qui préside mercredi un hommage national à Robert Badinter, décédé la semaine dernière à l'âge de 95 ans, a promis de s'exprimer à cette occasion sur une possible entrée au Panthéon du père de l'abolition de la peine de mort en France. Malgré les réticences de la veuve de l'ancien ministre de la Justice, la cérémonie se déroulera en présence de députés de la France Insoumise qui ont confirmé leur participation à ce rendez-vous solennel. Le président français Emmanuel Macron au palais de l'Élysée, à Paris, le 12 février 2024. La République française en deuil. Emmanuel Macron présidera, mercredi 14 février, un hommage national à Robert Badinter, un "sage" et une "conscience républicaine", décédé la semaine dernière à l'âge de 95 ans. Le cérémonie se déroulera sur la place Vendôme, siège du ministère de la Justice où l'ancien garde des Sceaux porta l'abolition de la peine de mort. Le chef de l'État a promis de s'exprimer, dans son discours, sur une éventuelle entrée de l'avocat au Panthéon, ce temple républicain qui proclame sur son fronton "Aux grands hommes, la patrie reconnaissante". Et Robert Badinter était bien "un grand homme", a acquiescé dès vendredi le président après l'annonce de la mort de l'ancien garde des Sceaux. Mais "ces choses-là prennent du temps", a-t-il toutefois souligné.  Le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure en a officiellement fait la demande au chef de l'Etat, dans un courrier révélé par le journal Libération. À peine élu président, Emmanuel Macron avait annoncé en 2017 la panthéonisation de l'ancienne ministre Simone Veil dès l'hommage qui lui avait été rendu après son décès. L'Élysée, en concertation avec la famille, a choisi un lieu symbolique et inédit pour saluer la mémoire de Robert Badinter lors d'une cérémonie ouverte au public : la place Vendôme, devant la chancellerie. C'est là que le ministre de la Justice du président socialiste François Mitterrand porta la loi du 9 octobre 1981 abolissant la peine de mort, dans une France alors majoritairement en faveur du châtiment suprême. Il s'investit par la suite pour l'abolition universelle de la peine capitale, un combat qu'Emmanuel Macron dit aujourd'hui vouloir perpétuer, en accueillant en 2026 en France le prochain congrès mondial de cette cause. LFI persona non grata Mais le rendez-vous solennel de mercredi aura lieu sur fond de polémique. La philosophe Élisabeth Badinter, sa veuve, a en effet exprimé le souhait que les élus du Rassemblement national et de La France insoumise ne viennent pas à la cérémonie, a-t-on appris mardi de source proche du dossier. "On ne sera pas présents, la famille ne l'a pas souhaité. Je ne vais pas polémiquer", a aussitôt répondu Marine Le Pen qui, à l'instar des autres dirigeants d'extrême droite, s'en était tenue au service minimum pour saluer cette figure longtemps honnie pour avoir aboli la peine de mort. Réaction inverse pour LFI. "Un hommage national est un hommage national. Nous y sommes invités, et nous y serons représentés", a affirmé le groupe parlementaire, qui dépêchera place Vendôme ses députés Caroline Fiat et Éric Coquerel. Le parti de la gauche radicale et son leader Jean-Luc Mélenchon n'avaient pas tari d'éloges sur Robert Badinter. Pourfendeuse des extrêmes comme son mari, Élisabeth Badinter a toujours combattu le Front national puis le RN, mais a aussi plus récemment dénoncé un certain "islamo-gauchisme" et a pointé la responsabilité "énorme" de LFI dans la montée de l'antisémitisme en France. Robert Badinter, né dans une famille juive émigrée de Bessarabie (l'actuelle Moldavie), avait été témoin de l'arrestation de son père à Lyon pendant la Seconde Guerre mondiale. Il était mort en déportation en Pologne. Son combat contre la peine de mort trouve son origine au matin du 28 novembre 1972 : un de ses clients, Roger Bontems, complice d'une prise d'otages meurtrière, vient d'être guillotiné. "Je me suis juré, en quittant la cour de la Santé ce matin-là à l'aube, que toute ma vie je combattrais la peine de mort", avait-il déclaré à l'AFP en 2021. Vendredi, le chef de l'État avait salué "cet avocat de caractère et de profession qui combattit sa vie durant pour les Lumières, pour la justice, pour la France, ce qui était pour lui trois fois le nom de son idéal". "Avocat, il se porta auprès des réprouvés, des accusés et des condamnés, avec cette même soif ardente de justice. Garde des Sceaux, il abolit la peine de mort et œuvra pour la rénovation de notre autorité judiciaire. Président du Conseil constitutionnel, il fut le gardien des lois dans toute leur force et leur grandeur", avait-il énuméré, évoquant "un sage au-delà de ses fonctions". Avec AFP

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