news-details
Insolite et Faits divers

TEMOIGNAGE. Julian Assange "n'a plus beaucoup de temps, nous devons le libérer", dit sa femme Stella Morris à franceinfo

Depuis dix ans, le lanceur d'alerte à l'origine de Wikileaks, Julian Assange, n'est plus libre de ses mouvements. D'abord réfugié pendant sept ans dans l'ambassade d'Equateur à Londres, il est détenu depuis trois ans à la prison de Belmarsh, au Royaume-Uni. "Les conditions de détention sont très dures, sa santé ne fait que décliner", témoigne la femme (et ex-avocate) de Julian Assange, Stella Morris. Elle est en France à l'occasion des Rencontres annuelles des lanceurs d'alerte, dont la septième édition se tient à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). franceinfo l'a rencontrée. franceinfo : Comment va Julian Assange aujourd’hui ?   Stella Morris : Il est dans la prison de haute sécurité de Belmarsh depuis le 11 avril 2019, quand il a été arrêté à la sortie de l’ambassade d'Equateur, et sa santé n’a fait que décliner depuis ce jour. Les conditions de détention sont très dures. Il a eu une mini crise cardiaque en octobre l’année dernière. Et c’est bien sûr très difficile pour lui d’être en isolement. Il ne purge aucune peine, il est là parce que les Etats-Unis veulent son extradition parce qu’il a fait son travail.   Où en êtes-vous, dans le combat pour son extradition ?  Julian a fait appel de la décision du gouvernement britannique, qui a accepté son extradition. Depuis cette décision de janvier 2021, nous avons découvert qu'il y avait eu des plans pour assassiner Julian dans l’ambassade, pour le kidnapper etc., lorsque Mike Pompeo était à la tête de la CIA. Donc nous défendons le fait que Julian ne peut pas être extradé vers le pays qui a tenté de prévoir son assassinat. Il y a eu d’incroyables abus de procédures qui impliquait de la criminalité. Et nous en avons beaucoup plus de preuves aujourd’hui.   Quand pourrez-vous présenter ces conlusions et obtenir la réponse finale à son incarcération ?  C’est l’incertitude de toute cette procédure. Nous ne savons même pas s’il pourra faire appel, il n’y a pas d’obligation légale à l’accepter. Il peut aussi tenter de faire appel auprès de la Cour européenne des droits de l’Homme, mais le Royaume-Uni essaie est en train de se dégager de ses obligations auprès de cette Cour.   Pensez-vous qu’aujourd’hui la situation a changé, que les révélations des lanceurs d’alerte sont accueillies différemment ?   Quand Wikileaks a publié les fichiers sur l’Irak, l’Afghanistan, Guantanamo Bay et les liens diplomatique, la raison pour laquelle Julian risque une peine de 175 ans de prison, la presse était bien plus protégée. Il y a eu une détérioration générale de la liberté de la presse parce que s’ils peuvent le faire à Julian Assange, ils peuvent le faire à n’importe qui. Ils criminalisent l’activité journalistique, le droit du public à savoir la vérité… Et ça a un véritable effet dissuasif : le New York Times, le Washington Post, le Guardian ont déjà dit que cette affaire était une menace à la liberté de la presse. Quand ils recevront une information importante, ils ne la publieront pas à cause de ce qui arrive à Julian.   >>> Complorama : portrait de Julian Assange, personnalité controversée au centre de théories du complot Comment voyez-vous les semaines qui viennent ?  C’est compliqué, mais je sais que Julian n’a plus beaucoup de temps, nous devons le libérer et c’est ce qui motive chacun de mes actes. Et la prise de conscience est de plus en plus forte. La prise de conscience doit être plus forte que les forces qui essaient de le réduire au silence et de le garder en prison.  La France a toujours été incroyablement importante. En fait, Julian a codé Wikileaks depuis la France, il était basé ici pendant des années. La France est un des pays qui respecte le plus les droits de l’homme. 

You can share this post!