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La justice valide l'interdiction de la marche prévue samedi en mémoire d'Adama Traoré

Le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a validé vendredi en référé l'arrêté préfectoral interdisant la marche prévue samedi pour les sept ans de la mort d'Adama Traoré, décédé lors d'une arrestation en 2016, dans le contexte des émeutes consécutives à la mort de Nahel le 27 juin à Nanterre. Assa Traoré, sœur d'Adama Traoré, lors de la marche blanche en hommage à Nahel, le 29 juin 2023. C'est une première depuis sept ans. La marche prévue samedi dans le Val-d'Oise en mémoire d'Adama Traoré, décédé lors d'une arrestation en 2016 et érigé en emblème des violences policières, est interdite, la justice ayant validé vendredi 7 juillet la décision du préfet, alors que d'autres rassemblements citoyens sont annoncés en France. Saisi en urgence, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a invoqué "le contexte des émeutes qui ont suivi le décès de Nahel" le 27 juin à Nanterre, pour fonder sa décision, rendue vendredi soir. "Les juges des référés ont estimé que, bien que les violences aient diminué ces derniers jours, leur caractère extrêmement récent ne permet de présumer que tout risque de trouble à l'ordre public ait disparu", a indiqué le tribunal dans un communiqué. La préfecture du Val-d'Oise a demandé sur Twitter "aux organisateurs de bien vouloir respecter cette décision de justice et d'appeler publiquement à ne pas se rendre sur les lieux". L'interruption de la circulation des trains sur la ligne H en direction de Persan-Beaumont de 10 h à 19 h devrait, quoi qu'il en soit, compliquer la venue de manifestants. Le préfet avait annoncé jeudi soir l'interdiction de cette manifestation annuelle. Elle devait se tenir samedi après-midi dans les communes de Persan et Beaumont-sur-Oise pour marquer le septième anniversaire du décès d'Adama Traoré lors d'une arrestation en 2016. Arguant du contexte inflammable et des violences urbaines de ces derniers jours, qui ont notamment abouti à l'incendie de la mairie de Persan, le préfet Philippe Court a justifié l'interdiction par de possibles "troubles graves à l'ordre public" causés par des "éléments perturbateurs". Dans la foulée, le comité Adama, emmené par sa sœur aînée et militante Assa Traoré, a déposé un référé-liberté, une procédure d'urgence, pour faire annuler la décision. Il s'agit d'"une marche familiale, avec des enfants dans un cadre champêtre", avait déclaré à l'audience Me Arié Alimi, l'un des trois avocats du comité Adama, estimant que l'arrêté était "une instrumentalisation politique du droit fondamental de manifester". "Les forces de l'ordre sont épuisées" Venu en personne défendre sa mesure devant la justice, le préfet du Val-d'Oise a affirmé ne pas disposer de suffisamment d'effectifs pour assurer la sécurité de l'évènement. "Les forces de l'ordre sont épuisées", a-t-il dit à la barre. Il a aussi invoqué l'appel du collectif du Soulèvements de la terre, dissous en Conseil des ministres, à venir en nombre, pour faire interdire le rassemblement. Le 19 juillet 2016, Adama Traoré, jeune Noir de 24 ans est mort dans la cour de la caserne de Persan, à une trentaine de kilomètres au nord de Paris, peu après son arrestation par des gendarmes au terme d'une course-poursuite. Le collectif Vérité pour Adama rassemble chaque année des centaines de personnes à l'occasion d'une marche pour réclamer la mise en examen des gendarmes en cause et dénoncer plus largement les violences policières. Chaque année, le cortège déambule dans une atmosphère militante mais sans incident, pour finir par un concert de rap dans un parc. De nombreux syndicats, organisations et partis politiques y étaient attendus cette année, après l'émotion soulevée par la mort de Nahel M., dont la mère a indiqué aux organisateurs qu'elle ne ferait pas le déplacement. Dans une pétition signée avant l'arrêté préfectoral d'interdiction, 200 élus du département avaient appelé les autorités à ne pas autoriser la marche. "Nous n'accepterons pas davantage de provocations et des dégâts supplémentaires dans nos communes, nos intercommunalités, dans notre département", avaient-ils déclaré. En parallèle, 90 organisations classées à gauche, parmi lesquelles LFI, EELV, CGT ou Solidaires, ont appelé à "des marches citoyennes" à travers le pays samedi pour exprimer "deuil et colère" et dénoncer les politiques jugées "discriminatoires" contre les quartiers populaires. Dépaysée à Paris, l'instruction judiciaire sur la mort d'Adama Traoré est toujours en cours. Selon des sources proches du dossier, les investigations sont terminées et le parquet de Paris doit désormais prendre ses réquisitions définitives. Les trois gendarmes qui ont procédé à l'arrestation sont témoins assistés depuis la fin 2018. La mort d'Adama Traoré avait donné lieu à plusieurs nuits d'émeutes à travers les communes mitoyennes de Persan et Beaumont-sur-Oise. Avec AFP

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