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Insolite et Faits divers

Ce que l'on sait de l'affaire du chasseur retrouvé décapité en 1995 dans l'Allier, relancée 27 ans après le meurtre

La veuve de Christophe Doire, retrouvé décapité le 25 décembre 1995 à Cusset (Allier), a été mise en examen pour "meurtre" et placée en détention provisoire. Une énigme judiciaire vieille de plus d'un quart de siècle va-t-elle être élucidée ? Le 25 décembre 1995, le corps sans tête de Christophe Doire, 28 ans, avait été retrouvé dans un fossé de l'Allier. Vingt-sept ans plus tard, sa veuve, âgée de 56 ans, a été mise en examen pour "meurtre", a annoncé le procureur de la République de Cusset, Eric Neveu, jeudi 30 juin. Franceinfo revient sur ce "cold case". Une mystérieuse disparition après une dispute En cette fin d'année 1995, Christophe Doire est employé aux abattoirs de Vichy. Le jeune père de famille est "un très bon chasseur et meneur de chiens", relate Le Figaro. Mais il s'aventure parfois "sur les terres d'autres sociétés de chasse", précise le quotidien. Cela peut lui jouer des mauvais tours, comme ce 15 décembre, où sa chienne Flora lui est volée par un chasseur qu'il fréquente. Il la retrouve le lendemain, affirme Le Parisien. Le soir du 16, au domicile familial de Cusset (Allier), une dispute éclate avec son épouse au sujet de la chute d'un sèche-cheveux en fonctionnement dans la baignoire où il se trouvait. Enervé, il se rend ensuite chez son frère. Il y passe la soirée avant de rentrer chez lui à 23h30. C'est la dernière fois qu'il est vu en vie.  Capture écran de la situation de la ville de Cusset (Allier), réalisée le 2 juillet 2022. (GOOGLE MAPS / FRANCEINFO) Son épouse signale sa disparition deux jours plus tard, le 18 décembre, alors que des amis chasseurs s'inquiètent de ne pas le voir. Sa voiture est alors retrouvée à Cusset, précise La Dépêche. Une semaine plus tard, le 25 décembre, son corps sans tête est découvert dans un fossé par des chasseurs. L'homme a subi une exsanguination et sa tête, jamais retrouvée depuis, a été tranchée avec un outil de boucherie, rappelle Le Figaro. Deux non-lieux et une enquête rouverte en 2020 Dans un premier temps, les enquêteurs s'intéressent au milieu des chasseurs. Le vol du chien et la mort violente les mettent sur cette piste. La piste d'un conflit est envisagée, avant d'être écartée. Une première information judiciaire aboutit à un non-lieu en 2000. Une deuxième information judiciaire ouverte deux ans plus tard débouche également sur un non-lieu en 2007. Treize ans plus tard, en mai 2020, l'enquête est relancée par le parquet de Cusset à la relecture du dossier. Ces nouvelles investigations aboutissent à l'ouverture d'une information judiciaire pour "homicide volontaire" en novembre 2021. Une cellule d'une quinzaine d'enquêteurs, notamment de la section de recherche de Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), est constituée et procède à de nouvelles auditions et analyses scientifiques. Des prélèvements sont effectués sur certaines personnes de son entourage, des dizaines de personnes sont auditionnées et de "nombreuses investigations techniques" sont menées, selon le procureur. Le corps de la victime a même été exhumé pour effectuer de nouvelles analyses comparatives, notamment sur les vêtements susceptibles d'avoir été portés le soir de sa disparition. "Toutes les hypothèses de travail ont été envisagées : l'épouse, la famille, le milieu des chasseurs, l'affaire crapuleuse, les liaisons amoureuses de la victime", détaille le procureur de Cusset Eric Neveu. "Nous avons apporté un regard neuf et travaillé comme si nous venions de découvrir la scène de crime (...), comme si le crime venait d'être commis", ajoute-t-il. La veuve mise en examen, d'autres interpellations possibles Les enquêteurs se sont replongés dans la vie houleuse du couple telle qu'elle est apparue au fil des investigations et des auditions. Ils ont fini par cibler la veuve de la victime, près de trois décennies après le meurtre. Lors de sa garde à vue, elle n'a "ni infirmé ni confirmé" les faits, a expliqué le procureur. Le magistrat a surtout relevé "son manque d'explications crédibles" voire "son déni, notamment sur la situation de son couple". Elle "nie les relations conflictuelles avec son mari" qui pourtant "ressortent des témoignages et ont été mises en évidence", a précisé Eric Neveu. Sans dévoiler davantage l'enquête, le procureur estime que "des indices graves et concordants" mettent "en évidence sa participation dans le meurtre de Christophe Doire". Même si "les circonstances précises de ce passage à l'acte nécessitent la poursuite des investigations", note Eric Neveu. Le magistrat révèle également que la suspecte a pu être aidée. Certains "éléments permettent aujourd'hui de considérer" qu'elle n'aurait pas agi seule "sur tout le processus" et "il pourrait y avoir d'autres interpellations", selon lui. Cette femme aujourd'hui âgée de 56 ans "encourt une peine de 30 ans de réclusion criminelle", a conclu le procureur.

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