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Sports

CAN 2024 : le Sénégal rêve de conserver sa couronne africaine

Champions d'Afrique Les Lions de la Teranga veulent faire revivre au peuple sénégalais l'indescriptible euphorie ressentie après le premier sacre continental de leur histoire, en 2022. Mercredi, lors de la traditionnelle remise du drapeau national avant le vol pour Yamoussoukro, le président Macky Sall a assigné aux joueurs l'objectif de conserver leur titre de champions d’Afrique. Un vrai défi au vu de la concurrence exceptionnelle qui les attend en Côte d’Ivoire. Le stade Wade de Diamniadio lors du match amical entre le Sénégal et le Niger, le 8 janvier 2024. Le Sénégal affrontait le Niger, lundi 8 janvier, pour son seul et unique match amical avant son entrée en lice à la CAN, le 15 janvier, face à la Gambie. La partie soldée par une victoire in-extremis (1-0) des Lions de la Teranga, face à une foule massée dans le stade Abdoulaye Wade de Diamniadio, la nouvelle ville sénégalaise à la sortie de Dakar. Un résultat jugé décevant par une bonne partie du public qui espérait une large victoire face à un adversaire jugé "modeste", afin de faire le plein de confiance avant la compétition. "L’équipe n’est pas encore prête, ça m’inquiète un peu", lance un supporter après le match, rythmé par les chants des fans restés dans la mémoire collective, après le sacre de 2022. "C’était un simple match amical, les joueurs ne sont pas donné à 100 % pour éviter les blessures", relativise un autre. "On a déjà expérimenté la joie d’une victoire finale à la CAN. On veut que cette joie ne nous quitte plus. La Coupe restera au Sénégal inchallah", s’exclame de son côté Abibou, un inconditionnel de la sélection qui porte fièrement le maillot blanc floqué de son nom. Le Sénégal a l’habitude de débuter timidement ses campagnes continentales. Au Cameroun, lors de la dernière édition, les Lions n’ont gagné qu’un seul de leurs trois matches de poule avec un seul but marqué, avant de passer la vitesse supérieure lors des matches à élimination directe et finir par s’adjuger le trophée continental. Un mix générationnel Malgré un état de forme passable avec trois victoires sur leurs six derniers matches disputés, les joueurs, la star de l’équipe Sadio Mané et le sélectionneur Aliou Cissé ont tous réaffirmé devant les médias leur ambition de conserver leur titre. Pour atteindre son objectif, le Sénégal mise sur un groupe expérimenté. Marième Ndiaye, journaliste sportive du quotidien sénégalais Les Échos, se dit rassurée par le groupe de joueurs sélectionnés.  "Le mix générationnel composé par Aliou Cissé est très intéressant. On voit des duos de jeunes joueurs et des joueurs expérimentés qui s’entendent bien, comme le jeune Lamine Camara et Idrissa Gana Gueye, l’un des cadres de l'équipe, qui a plus de dix ans d’expérience en sélection. Je pense que c’est ce mix qui fait la force du Sénégal", analyse t-elle. Toutefois, aucun des joueurs sélectionnés pour la CAN n’évolue dans le championnat sénégalais. Quatre d’entre eux, dont les plus grandes stars de la sélection, ont tenté depuis le début de la saison l’aventure en Arabie Saoudite. Le goleador adulé Sadio Mané, le capitaine Kalidou Koulibaly, le gardien Édouard Mendy et l’attaquant de pointe pressenti pour être titulaire lors de cette CAN, Habib Diallo, ont rejoint le nouvel eldorado du football. La malédiction du champion en titre "Nous sommes l’équipe à battre", ne cesse de répéter El Hadji Diouf, légende à la retraite de la sélection nationale et conseiller du président de la Fédération sénégalaise de football, alors que tous les adversaires pour le titre semblent attendre de pied ferme les Lions.  Historiquement, les champions en titre ont souvent été en grande difficulté lors des dernières CAN. Ce qu'il est convenu d'appeler la malédiction du champion a déjà touché d’anciens vainqueurs comme le Cameroun, titré en 2017 et éliminé en huitième de finale en 2019. L’Algérie, sacrée en 2019, a été sortie à la surprise générale dès le premier tour de la CAN 2022. "Il est difficile de maîtriser une CAN. Les éditions peuvent se suivre et ne pas se ressembler. On est à 24 sélections et il n’y a plus de petit poucet. Il faudra se battre pour décrocher la victoire finale", prévient Marième Ndiaye. Mohamed Ghandour, autre spécialiste du football africain, préfère lui être plus cartésien. Le sélectionneur adjoint de l’équipe du Sénégal de futsal estime que les mésaventures des anciens champions d’Afrique pourraient stimuler les Lions. "La malédiction du champion n’est pas rationnelle. Cela reste de l’histoire. L’Algérie était arrivée à la dernière CAN avec une série d’invincibilité de plus de 20 victoires, mais on avait vu des signes annonciateurs de sa déchéance. On sentait que l’équipe commençait à s’essouffler, ce qui n’est pas le cas du Sénégal", se persuade le consultant qui intervient sur l’antenne de la télévision nationale.  Pour réaliser le "back to back", le Sénégal devra cependant se défaire d’autres favoris qui arrivent à la CAN avec de solides arguments. Pour Mohamed Ghandour, la vraie compétition va démarrer en quarts de finale où les grandes équipes sont d’habitude au rendez-vous.  "Ce sera une CAN très intéressante, estime Mohamed Ghandour. L'Égypte est une équipe solide, de plus en plus dangereuse, avec un Mohamed Salah en forme. Le Nigéria a une véritable armada offensive mais est fragile en défense. Le Maroc, de son côté, est une très belle formation qui arrive à la CAN avec un statut au vu de ses résultats lors du dernier Mondial [demi-finaliste]. Il ne faudrait pas oublier la Côte d’Ivoire si le sélectionneur Jean Louis Gasset arrive à bien faire jouer son équipe". Les champions en titre entreront en lice le lundi 15 janvier face à leur voisin gambien. Un premier derby ouest africain qui en appelle d’autres car les Lions affronteront la Guinée, un autre pays frontalier. Enfin, pour se sortir d’un groupe assez relevé, qualifié même de "groupe de la mort", les hommes d’Aliou Cissé devront faire bonne figure dans un duel de félins face aux Lions Indomptables camerounais. 

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